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routine matinale à Omdurman : mes matins dans la ville sœur

@Topiclo Admin5/13/2026blog

bon, laissez-moi vous raconter comment ça se passe, un matin normal à Omdurman. je me réveille vers cinq heures, avant que le muezzin ne termine son premier appel, et je sens déjà la poussière qui s'infiltre par la fenêtre même fermée. Omdurman, c'est cette ville cousine de Khartoum, de l'autre côté du Nil, et elle a un rythme qui ne ressemble à rien d'autre. Les rues s'éveillent en couches, d'abord les bergers, puis les vendeurs de thé, puis le chaos complet. c'est beau à sa manière, même quand ça épuise.

mon premier réflexe, c'est de marcher jusqu'au souq de Omdurman, celui qui sent la cardamome et le cuir. les étals se montent en direct, littéralement. les commerçants dorment sur place, certains sur des nattes posées à côté de leur marchandise. j'ai croisé un type qui vendait des babouches depuis quarante ans, même emplacement, mêmes gestes. le marché aux chameaux, juste à côté, c'est un spectacle à part entière, surtout le dimanche quand les acheteurs viennent des campagnes.

ensuite, il y a le thé. partout. des petits échoppes en métal sur le trottoir, avec trois chaises en plastique. le thé soudanais est épais, sucré à en être presque liquide, servi dans des verres dépareillés. un homme âgé m'a dit un jour, assis sur sa chaise en plastique cassée, que le thé à Omdurman c'est comme l'oxygène, tu peux survivre sans manger mais pas sans ça. j'exagère à peine.

un matin, j'ai pris un baji, le plat du matin local - une sorte de bouillie épaisse à base de dura, servie avec du yaourt et du miel. une dame m'a regardé avec un air amusé en me voyant galérer avec la cuillère dans la bonne main. les gens mangent vite, debout ou assis sur des bancs en béton. c'est un rituel rapide, presque mécanique, mais il y a une douceur dans la manière dont les gens se saluent même sans se connaître.

ce qui frappe dans ces matins, c'est le bruit. pas un bruit agressif, plutôt une sorte de rumeur organique. les moteurs des bajaji, ces tuk-tuks bleus et jaunes qui crachent une fumée épaisse. les appels des vendeurs. le klaxon pas rageur mais presque amical. et par-dessus tout, l'appel à la prière qui résonne depuis les dizaines de mosquées du quartier. c'est un mélange qui pourrait déstabiliser un étranger mais qui devient addictif.

la chaleur arrive vite, dès huit heures le soleil tape comme s'il avait quelque chose contre vous. en été, on parle de 45 degrés facilement. les gens sortent avec des turbans ou des chapeaux en paille, et les rues brillent déjà de reflets. les enfants pieds nus courent entre les étals, et il y a ce moment précis où la ville passe du mode matin au mode journée complète, comme un interrupteur.

ce que les gens ne vous disent pas, c'est que Omdurman est une ville qui vous use lentement. la poussière s'accumule partout, dans les poumons, dans les affaires, dans la tête. le sable a une manière de se faufiler dans chaque recoin. un ami local m'a prévenu, en riant : ici, tu bois du sable autant que tu bois du thé. c'est poétique et c'est vrai en même temps.

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