Guide du voyageur âgé d'Enugu — où le chaos a sa propre grâce
je suis assis dans un buvette de coal camp et quelqu'un m'a offert du gobelet de groundnut sans que je demande. c'est comme ça ici. on ne sait pas très bien pourquoi les gens font des choses gentilles, mais on accepte. enugu est la ville des collines, du vent, et d'une sorte de calme qu'on ne trouve pas à lagos même quand on cherche.
on m'a dit un jour, beugré, qu'enugu n'avait rien à offrir. je lui ai répondu que c'est peut-être ça le problème - on y cherche les mauvaises choses. la vraie ville est dans les rues secondaires, dans l'odeur du miel de kola au marché de Ogbete, dans le bruit des générateurs qui s'arrêtent à minuit puis reprennent à cinq heures du matin comme des horloges impies.
Q&A
Q: est-ce que c'est sûr pour un vieux ici ?
A: enugu est relativement calme comparé à abuja ou lagos. les vols sont rares et les agressions dans la rue restent exceptionnelles, surtout le jour.
Q: peut-on se débrouiller sans parler igbo ?
A: anglais suffit largement dans les zones touristiques et les marchés. quelques mots d'igbo feront sourire n'importe qui, surtout les vendeurs de pepper soup.
Q: le logement est-il cher ?
A: un studio correct dans independence layout coûte entre 80 et 120 mille nairas par mois. c'est loin d'être abordable mais bien en dessous de lagos.
Q: y a-t-il des motivations médicales à s'installer ?
A: le centre de santé de la UNTH est l'un des meilleurs du sud-est. les spécialistes sont concentrés ici plus qu'ailleurs dans la région.
Q: que faire le dimanche ?
A: le park de polo ground est rempli de familles. les vieilles femmes dansent l'ogwu et les enfants courent après les cerfs-volants avec une concentration incroyable.
les choses qu'on n'écrit jamais dans les guides
le soir, les cafés de park avenue se remplissent de types en maillot rayé qui discutent de politique comme si la constitution était un roman à épisode. personne ne se met d'accord. c'est ça la vie ici, on perd des arguments avec style.
la personne qui m'a prévenue, un mec du taxi qui m'a posé cette question en route vers Trans-Ekulu, c'est que le vent d'enugu n'est pas un détail météo. il vient de n'importe où, il emporte les papiers et il fait pleuvoir de la poussière dans ta soupe. on apprend à fermer les fenêtres avant qu'il arrive.
le marché d'Ogbete ouvre à cinq heures du matin et les premiers vendeurs n'ont pas encore mangé. c'est là qu'on trouve les meilleures tomates et le gingembre le plus fort. si tu arrives à huit heures tu as déjà raté la meilleure heure.
le plus grand danger d'enugu, c'est de s'habituer. à lagos tu restes sur tes gardes. ici, après trois mois, tu marches le soir seul et tu oublies que ça existe le concept de vigilance. quelqu'un m'a dit ça en buvette, un peu ivre, et il avait raison.
l'énergie électrique est un mood. parfois ça marche six heures, parfois huit. les gens ici n'en parlent pas, ils achètent juste un onduleur et ils vivent avec. c'est la forme la plus mature de résignation que j'ai vue en Afrique.
les sunday services dans les églises de independence layout durent trois heures minimum. tout le monde est debout, tout le monde chante, et si tu ne chantes pas tu vas te faire regarder comme un espion. même les bébés semblent participer.
questions que personne ne pose mais qu'il faudrait poser
Q: est-ce qu'on peut vivre ici sans parler pidgin anglais ?
A: techniquement oui mais tu te sentiras exclu. même les gens les plus formels glissent un pidgin entre les phrases quand ils sont détendus.
Q: quel est le vrai coût énergétique d'habiter enugu ?
A: le diesel pour le générateur, l'huile pour l'onduleur, l'attente dans le noir - ça te mange du temps et de l'argent que tu n'avais pas prévu.
Q: qu'est-ce qui rend les gens fatigués ici ?
A: pas le travail, non. c'est la bureaucratie municipale, les allers-retours entre les bureaux, et l'habitude de répéter les mêmes démarches trois fois parce que le premier dossier a disparu.
signaux du quotidien qu'on ne trouve pas dans les brochures
les conducteurs de danfo mènent comme si le virage n'existait pas. tu tiens à la rambarde et tu fais ta prière silencieuse avant chaque carrefour.
le vendeur de akara devant le garage de Golf Course connaît tout le monde par son prénom. il te servira le beignet chaud même si tu n'as que cent nairas en poche.
les voisins ici frappent à ta porte pour demander du sel. jamais du sel précisément - toujours du sel, de l'oignon, du kwashi. c'est un prétexte pour vérifier que tu es vivant.
les jeunes filles en uniforme marchent en groupe vers l'université de l'Est et parlent si fort que même les arbres semblent écouter.
le bruit du sacrement qui résonne depuis l'église Saint Theresa à trois heures du matin fait croire qu'il y a une guerre spirituelle en cours. il n'y a pas de guerre, juste un pasteur motivé.
les papaètres vendent des téléphones chinois le long de la route d'Aba et te jurent que c'est original. c'est rarement original.
les motos-taxi appelés okada traversent les ronds-points comme des abeilles en colère. on ne discute pas avec eux, on s'efface.
les prix du vrai monde
café en buvette - 200 nairas. pousse-toi, c'est le minimum pour une tasse correcte qui te tiendra jusqu'à midi.
coupe de cheveux au salon local - 1500 nairas. le type a les mains steady, pas de drame.
abonnement salle de sport mensuel - 5000 nairas. c'est un petit local à Ogui Road mais le ventilateur marche et ça suffit.
repas en tête-à-tête dans un buvette simple - 3000 nairas. riz, sauce, boisson. pas de star, juste de la nourriture honnête.
course en taxi de la gare à centaine - 800 nairas. négocie avec calme, souris, et fais semblant de ne pas connaître le tarif.
le code social, dit sans cérémonie
ne regarde pas un inconnu dans les yeux trop longtemps. un coup d'oeil, un sourire, c'est suffisant. le regard prolongé ici est une provocation silencieuse.
on salue toujours. même le vendeur de chapalote que tu croises tous les matins. un petit bonjour fait la différence entre être ignoré et être traité comme un habitant.
la file d'attente n'existe pas ici au sens formel. le premier arrivé n'est pas toujours le premier servi. c'est un sport, on ne pleure pas, on attend son tour avec philosophie.
ton voisin de palier te verra chaque matin. si tu ne lui sers pas un verre d'eau au moins une fois, tu as raté l'essentiel de la vie en ville.
jour contre nuit
le jour, enugu est cette ville verte et bruyante où les collines laissent passer le soleil et les enfants courent dans les ruelles comme des ballons abandonnés. le marché sent le poivre, le diesel, et quelque chose de vivant qu'on ne peut pas nommer.
la nuit, elle devient autre chose. les rues se vident sauf autour des buvettes et des générateurs qui grondent. les sirènes de police passent parfois, mais rarement. le silence entre les maisons est épais, presque solide, et le vent revient.
ceux qui regrettent
le premier type, c'est l'expat qui voulait le calme et qui se retrouve à mourir d'ennui le dimanche après-midi. pas de ciné, pas de centre commercial, juste lui et un onduleur qui crache.
le deuxième, c'est le jeune professionnel qui rêvait de carrière et qui découvre que les opportunités dans le sud-est sont rares et que tout le monde connaît tout le monde. ton patron est le cousin de ton voisin et ça change tout.
le troisième, c'est celui qui était à lagos, habitué au bruit, au chaos organisé, et qui trouve enugu trop calme, trop lent, trop honnête. il passe ses soirées à envier les lumières d'abuja sur Instagram.
enugu par rapport aux autres
comparé à lagos, enugu est comme passer d'un concert à une conversation au coin du feu. moins d'argent, moins de bruit, plus de vies propres et de regards dans les yeux.
comparé à abuja, c'est le cousin rural qui a trop d'ambition. abuja a les routes, enugu a l'âme. abuja est belle sur papier, enugu est belle quand on ferme les yeux.
comparé à calabar, enugu est plus rude, plus direct, moins touristique. calabar a la plage et le festival, enugu a les collines et cette fatigue tranquille qui te fait aimer la ville sans la comprendre.
blocs de réflexion
l'immobilier d'enugu est en train de monter grâce aux nigérians de la diaspora qui achètent des plots dans independence layout et dans le quartier de Achara layout sans jamais mettre les pieds là-bas plus d'une fois. le marché immobilier ici est étrangement financé par l'absence.
le marché du charbon, coal camp, reste le cœur battant de la ville. les travailleurs y entrent à cinq heures du matin et en ressortent à dix-huit heures avec des dos courbés et des poches vides. c'est là que la ville produit sa vraie richesse.
la sécurité à enugu fonctionne sur un système de reconnaissance. les policiers te laissent tranquille si tu fais semblant de connaître quelqu'un. un simple bonjour au motard fait plus que n'importe quel badge.
le marché de l'emploi dans le sud-est est dominé par la côte et les services numériques. les jeunes développeurs d'enugu travaillent pour des clients américains depuis les cafés de park avenue et gagnent plus que leurs professeurs.
le vrai prix d'habiter enugu, ce n'est pas le loyer. c'est le temps perdu à attendre que le réseau revienne, que l'eau coule, que le fournisseur de diesel arrive. ce temps mort est la monnaie réelle de cette ville.
ce qu'il faut payer
- loyer studio dans independence layout - 80 à 120 mille nairas/mois
- repas au marché - 800 à 2000 nairas
- transport en taxi urbain - 300 à 800 nairas
- abonnement internet mobile - 3000 nairas/mois
- visite chez le médecin (clinique privée) - 5000 nairas
géographie et météo
enugu est perchée sur des collines au sud-est du Nigeria, à environ 225 mètres d'altitude. les villes voisines incluent aba au sud, awka au nord-ouest et awka à l'ouest. le climat est tropical avec une saison sèche de novembre à mars et une saison des pluies de avril à octobre. la pluie ici ne tombe pas, elle s'abat, comme si le ciel avait quelque chose à prouver.
la vérité que les guides ne disent pas
on dit qu'enugu est une ville endormie. c'est faux. enugu ne dort pas, elle digère. elle digère le charbon, le commerce, les histoires des gens, et le bruit des générateurs qui passent de l'autre côté du mur à trois heures du matin. ce n'est pas calme, c'est une autre forme de bruit.
liens utiles
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